Comment le CSV transforme une démission en numéro de cirque
Il y a huit jours, le nouveau Luc déclarait calmement:
«Il n’est pas prévu de remaniement gouvernemental.»
Hier, une semaine plus tard, le même Luc s’est présenté devant la presse et a annoncé:
«J’ai informé le Grand-Duc d’un remaniement gouvernemental.»
Au CSV, on n’appelle pas ça un démenti, mais une pirouette politique.
Georges Mischo était ministre du Travail et des Sports. Dans le dialogue social, il s’est distingué non pas par sa souplesse, mais par sa crispation. Les syndicats ont montré leurs muscles et, au final, ils étaient plus forts que le ministre. Pour couronner le tout, Mischo a attribué un musée du sport sans appel d’offres. Notre commentaire: aucune médaille pour la transparence.
Officiellement, Mischo reste en fonction jusqu’à la fin de la semaine. Officieusement, ce n’est rien d’autre qu’une prolongation de match, comme au football.
La ministre de l’Agriculture, Martine Hansen, hérite des Sports. Elle fait du vélo, court, randonne – bref, elle est plus active que le ministre des Sports lui-même. Quand elle a appris qu’elle héritait du musée du sport, elle a lâché: « Merde! Je croyais qu’il s’agissait de pistes cyclables, pas de musées. » Ainsi, la piste cyclable se transforme soudain en course de haies.
L’homme qui s’était accroché avec les syndicats est remplacé par… un secrétaire syndical. Marc Spautz, chef de fraction CSV et pépère, connaît les partenaires sociaux puisqu’il en était un lui-même. Il ne lui reste plus qu’à jouer au ministre. Sa condition posée au nouveau Luc : «Tout, sauf le ministère des Sports.» Car le sport, pour Marc, c’est uniquement la gymnastique des doigts sur Facebook.
Deux citations, deux mondes
«Il n’est pas prévu.»
«Je sors tout juste du Palais.»
Voilà comment le nouveau Luc a commenté la situation autour de la démission de Georges Mischo, le 29 novembre et le 8 décembre.
Au CSV, l’avenir va plus vite que le présent.
Et qu’apprenons-nous de tout cela?
Le musée du sport est comme un trophée itinérant: aujourd’hui chez Mischo, demain chez Hansen, et après-demain peut-être à la cave de la fraction CSV, à côté des promesses électorales oubliées.
Le dialogue social n’est pas un marathon, mais un combat de boxe: Mischo s’est frotté aux syndicats et a fini K.O. Désormais, Marc Spautz monte sur le ring avec sa carte de syndicaliste
Et le nouveau Luc? Pour lui, les médias et les syndicats sont les méchants. Du micmac autour du musée du sport, il ne savait soi-disant rien. Son collègue de parti, le ministre des Finances Gilles Roth, l’avait pourtant déjà remarqué. C’est en effet le ministre des Finances qui a découvert les irrégularités. En tant que CEO du Luxembourg, l’explication du nouveau Luc était plus que bancale. Il n’a pas expliqué la démission de Mischo, il l’a simplement joliment emballée.
Et ainsi, avec ce numéro de cirque, on détourne encore une fois l’attention des vrais problèmes qui préoccupent les gens: logement, vie chère, pauvreté, dépenses militaires, transports publics…
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