Plein gaz vers l'incertitude
Au Luxembourg, la politique énergétique ressemble en ce moment à des montagnes russes qu’on décide d’essayer sur un coup de tête à la kermesse, sans vraiment savoir si l'ITM les a validées. Le ministre de l'Énergie Lex Delles (DP, Libéraux) rassurait encore le 14 mars : «Il ne faut pas céder à la panique.» «Il n’y a aucun problème d’approvisionnement.» «Demain, il y aura toujours du carburant à la station-service.» Le wagon grimpe tranquillement la montée, les gens lèvent les yeux vers le ciel, et tout semble stable.
Mais comme chacun sait: les montagnes russes sont imprévisibles — tout comme les déclarations du gouvernement.
Le 14 mars, le ministre libéral de l'Énergie, Lex Delles déclare: «Pas de panique.»
Le 20 mars, le même ministre explique: «Des pénuries à moyen terme ne sont pas exclues.»
C'est le moment où la rame bascule soudain vers le bas, où la chute libre commence et où les passagers s'agrippent à la barre de sécurité.
Et cela continue: des hauts et des bas en quelques secondes. Le gouvernement passe de «tout est sous contrôle» à «possible pénurie de diesel» aussi vite qu’une attraction de fête foraine qui passe de 0 à 120 km/h.
Les citoyens et les entreprises, eux, sont solidement sanglés dans le wagon. Impossible de descendre. Impossible de dire: «Je voudrais m'arrêter ici, merci.» Non, c'est exclu — les responsables politiques ont verrouillé les barres de sécurité.
Et la structure fait krrr krrr krrr, comme une vieille armature métallique qui n'a plus été graissée depuis longtemps. Le gouvernement répète: «Pas de panique.» Les gens se demandent: «C'est normal, ça, ou ça va casser d'un coup?» Il y a beaucoup de cris — mais personne ne tient vraiment les commandes.
Et tout cela dans une fête foraine qui, par nature, est déjà absurde. Les pays voisins distribuent des mesures d'aide comme de la barbe à papa: Espagne, Autriche, Italie, Hongrie, Portugal — tous ont déjà adopté des plans de crise nationaux.
Au Luxembourg, on discute encore pour savoir si la discussion est suffisamment «substantielle» pour justifier… une discussion. Le Premier ministre Luc Frieden dit: «Nous agirons lorsque la hausse sera substantielle.»
«Substantiel» — un joli mot, qui sonne important mais ne dit rien, qui promet beaucoup et ne définit rien. C'est une formule qui ressemble à une prévision météo… sans indication de température.
Puis vient l'inévitable slogan de résistance: «L'Europe a surmonté déjà d'autres crises.»
Oui, mais l'Europe avait aussi d'autres prix du diesel.
Et ainsi, le gouvernement continue de cahoter à travers loopings, montées, descentes et zigzags. Les citoyens restent à bord, les mains crispées sur la barre de sécurité, les yeux fermés et les joues serrées, en espérant que le trajet se termine bientôt — ou qu'au moins quelqu'un finisse par dire combien de descentes il reste.
La politique énergétique comme montagnes russes: beaucoup de cris, beaucoup de secousses, et à la fin on descend en disant: «C’était… substantiel.»
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