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Superluc

Le super-héros sans superpouvoir

Le nouveau Luc (CSV) s’est montré très satisfait lors de sa conférence de presse du vendredi 21 novembre 2025, où il a dressé le bilan de deux années de gouvernement CSV-DP. Satisfait de lui-même, bien entendu. La conférence ressemblait moins à un rapport gouvernemental qu’à un one-man-show, où le nouveau Luc n’a cessé de s’applaudir et de se présenter comme le sauveur de la nation.

Photomontage satirique de Luc Frieden qui veut prendre la place de l'héros national, Superjhemp.
▲ Superluc envoie Superjhemp à la retraite. Il est désormais lui-même le héros de la nation.

«Les deux premières années ont été très bonnes», cite le Wort. Bonnes pour qui ? Pour le monde de la finance, évidemment: pas moins de cinq agences de notation ont confirmé au Luxembourg le fameux et convoité triple A (AAA).

Pour les travailleurs et les retraités, qui étaient 25.000 à manifester le 28 juin avec les syndicats contre la politique de Luc Frieden et son refus de mener un dialogue social, ce fut moins bon. Mais pour Luc, tout cela c’est déjà de l'histoire ancienne. Trois jours seulement après la grande manifestation, le Premier annonçait qu’il avait 99,9 % de soutien dans son parti, le CSV. Inutile donc, lors de la conférence de presse, de revenir sur le mécontentement massif du front social, puisque «les deux premières années ont été très bonnes».

99,9 % vs 47 % soutien

Elles ont été si bonnes que le soutien inventé de 99,9 % s’est effondré à 55 % dans le Politmonitor de juin 2025. Sa cote de sympathie est tombée à 47 %, s’effondrant aussi vite qu’un super-héros qui a perdu ses superpouvoirs.

Les citoyens n’évaluent donc pas sa politique avec un triple A: dans le classement général, le nouveau Luc chute à la huitième place. Et comme si cela ne suffisait pas, le nouveau Luc reçoit encore un coup supplémentaire dans le sondage Sonndesfro d’octobre: son parti, le CSV, perdrait 4 mandats et ne compterait plus que 17 sièges sur 60 – bien loin de l’illusoire soutien de 99,9 % qui lui flotte dans la tête.

Mais comme tout bon super-héros, il se redresse d’un geste et poursuit comme si de rien n’était. Le peuple devrait oublier que le héros est déjà au tapis.

Il aurait renforcé le pouvoir d’achat et stabilisé les prix de l’énergie, a proclamé le nouveau Luc lors de sa conférence de presse. Pourtant, les chiffres d’Eurostat montrent tout autre chose: nulle part ailleurs dans l’UE le coût de la vie n’est aussi élevé qu’au Luxembourg. Il dépasse de 51 % la moyenne européenne. Le pouvoir d’achat a été renforcé surtout là où il n’a jamais été menacé. 

Et bien que le Premier ait déclaré dans son discours sur l’état de la nation en mai 2025 que la crise du logement était terminée, il annonce maintenant 40 projets pour combattre la pénurie. Ce n’est pas par hasard: le rapport annuel d’août 2025 de Deloitte confirme que le Luxembourg a de loin les prix immobiliers les plus élevés d’Europe. Rien d’étonnant si, dans les résidences nouvellement construites qui ont poussé comme des champignons, ce sont surtout des sociétés-boîtes aux lettres qui «habitent». Il ne reste alors plus grand-chose pour le véritable logement. Et comme on dit dans le langage populaire: «Ce qui est rare est cher.» 

Lutte contre la pauvreté à la Frieden : 50 centimes de plus par jour

Il en va de même pour la lutte contre la pauvreté, que Frieden avait déclarée quasiment envolée lors de son discours sur l’état de la nation en mai 2025. Que l’augmentation de 10 % de l’allocation de vie chère ne suffise pas, cela paraît évident à tout le monde – sauf au nouveau Luc. Le taux de pauvreté continue de grimper. L’ajustement de l’allocation de 1.652 à 1.817 euros représente à peine 165 euros par an. Par mois, une personne pauvre peut donc se réjouir de 13 euros supplémentaires, soit environ 50 centimes par jour. Comme grand progrès, le nouveau Luc voit l’automatisation de l’allocation de vie chère. Automatisation signifie: la pauvreté avance désormais toute seule. Merci Superluc.

Contrairement à ce que veut nous faire croire le STATEC, le taux de pauvreté au Luxembourg n’est pas de 18 %, mais de 31 %, selon l’institut français DREES. Et ce n’est pas tout: à l’occasion de la Journée mondiale de l’enfance, le 20 novembre 2025, l’UNICEF a annoncé qu’un enfant sur quatre vit dans la pauvreté au Luxembourg. Déjà auparavant, la Commission des droits de l’homme de l’ONU avait condamné le Luxembourg pour son projet de loi sur l’interdiction de la mendicité. Le pays mènerait une politique qui marginalise encore davantage les plus pauvres et viole ainsi les droits humains fondamentaux. Au lieu de combattre la pauvreté, dans le pays du triple A on préfère combattre les pauvres – comme le prouve sans cesse la politique du ministre de la police et adepte du «law and order», Léon Gloden. Même des déclarations comme celle du ministre des Finances Gilles Roth, qui en août 2025 a prononcé la phrase légendaire: «La pauvreté est pour moi inacceptable», n’y changent rien. 

Il est déjà étonnant qu’un gouvernement où 6 ministres sur 15 ont un diplôme de droit ne parvienne pas à faire adopter des lois conformes aux droits humains. Mais tout va pour le mieux – du moins dans le monde parallèle du Premier ministre. Un monde parallèle où le CSV gagne toujours et où la réalité est constamment ignorée. 

Dans la lutte contre la pauvreté, les deux premières années ont été si bonnes que le nouveau Luc doit maintenant sortir à la hâte un plan pauvreté de son chapeau, qu’il veut présenter avant Noël. Mais le lapin qu’il sort du chapeau, il peut le faire disparaître aussitôt.

Les deux premières années ont été si super-bonnes que Superjhemp est envoyé à la retraite et que le nouveau Luc prend sa place, sans casting, sans applaudissements, simplement en se tapant lui-même sur l’épaule pendant deux ans. 


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