« JE NE DÉCROCHE QUE SI LE PREMIER MINISTRE APPELLE. »
Le ministre du Travail, Georges Mischo, ne parle pas au téléphone avec n’importe qui – seulement avec le Premier ministre. Les autres peuvent aller se faire voir… ou se faire entendre par sa boîte vocale.
Il décroche, oui. Mais uniquement quand la hiérarchie CSV s’affiche sur l’écran. C’est du moins ce qu’on a pu lire récemment dans le Luxemburger Wort.
Syndicats? Messagerie.
Chômeurs? Voix automatique : «Veuillez rester en ligne…»
Responsables sportifs? Rappelés quand le CSV a un créneau.
La déclaration du ministre soulève des questions: Est-ce que Georges ne décroche pas non plus quand sa concubine appelle – celle qui, selon le Wort, siège désormais au conseil d’administration de la Coque? Ou bien, à la maison, on communique par hochements de tête – sans téléphone?
Peut-être ne décroche-t-il jamais lui-même. Peut-être est-ce sa secrétaire. Ou une IA qui filtre les appels selon un algorithme CSV de pertinence politique: «Pas pertinent. Pas important. Pas Premier ministre.»
Georges Mischo est-il déjà si haut perché qu’il n’a plus besoin de téléphone? L’appareil ne serait-il plus là pour décrocher, mais juste comme décoration – à côté du blason doré du CSV?
Y a-t-il pour Georges une seule ligne VIP – celle du Premier ministre? Et que se passe-t-il si le Premier ne l’appelle pas? Attend-il alors qu’il s’appelle lui-même, jusqu’à se sentir assez important pour décrocher?
Que Georges Mischo se le mette bien dans un coin de la tête: Celui qui ne décroche que pour le Premier oublie la voix de ceux qui n’appellent jamais.
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