Comment la Banque centrale immortalise le chevreuil et la monarchie, juste avant leur disparition
En 2025, la Banque centrale du Luxembourg a émis deux pièces qui ont plus en commun qu’on ne le croit. Le Grand-Duc Henri a reçu sa pièce en or de 250 € pour son 25e jubilé de trône. Peu après, il a abdiqué. Le chevreuil a reçu sa pièce commémorative de 5 €, peu avant d’être officiellement déclaré ennemi public numéro un.

La Banque centrale a écrit lors de la présentation de la pièce au chevreuil:
«Le chevreuil est une espèce essentielle de nos forêts européennes.»
On le reconnaît «par son long cou», il «s’adapte aux forêts, plaines et champs», et «il demeure abondant en Europe».
Et puis vient la phrase clé: «Pour préserver cet équilibre naturel, une gestion rigoureuse s'impose.»
Gestion rigoureuse. Ce n’est pas seulement un terme forestier, c’est le mot d’ordre de l’«Opération Éradication des chevreuils». Lors de la conférence d’avril 2025 à Lintgen, le message était clair: «Chaque deuxième chevreuil doit être abattu!!» – avec deux points d’exclamation, comme il se doit pour un PowerPoint.
La Banque centrale immortalise donc ce que la politique supprime. Le chevreuil reçoit une pièce, puis il est éliminé. Le Grand-Duc Henri est gravé sur une pièce, puis il abdique. Les deux disparaissent. La pièce reste.

Au Luxembourg, on n’est pas simplement destitué ou abattu. On est immortalisé, puis on disparaît. En ce sens, la Banque centrale n’est pas seulement une institution monétaire, elle est le curateur culturel de l’extinction.
La pièce au chevreuil est un objet de collection pour ceux qui préfèrent la nature dans leur portefeuille, car dans la forêt il n’y en aura bientôt plus. C’est une petite plaque commémorative ronde pour ce qui est éliminé dans les bois – un nécrologe numismatique, en style: «Adieu et merci».
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