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Léon Gloden en gilet pare-balles noir

Pare-balles contre les attaques au couteau ?

Le ministre de l'Intérieur Léon Gloden s'est rendu aujourd'hui à Bonnevoie et à la Gare – deux quartiers qui ont certainement leurs problèmes, mais surtout la nuit, quand la scène de la drogue est active. Le ministre, lui, s'y est promené en plein jour. Au programme : un gilet pare-balles et une escorte policière. Un petit détail semble avoir échappé au ministre de l'Intérieur : ces derniers mois, il n'a pas été question de fusillades, mais d'attaques au couteau. Reste donc une question ouverte : un gilet pare-balles est-il vraiment l'équipement adéquat ?

Le ministre de l'Intérieur Léon Gloden se promène en gilet pare-balles et sous escorte policière dans le quartier de Bonnevoie, Luxembourg.
▲ Léon Gloden en gilet pare-balles et sous escorte policière à Bonnevoie – du théâtre sécuritaire contre une menace absente en plein jour.

Ce n'est évidemment pas un hasard. Léon Gloden s'est positionné comme l'homme de la ligne dure : plus d'expulsions, moins de tolérance, une opération policière contre les mendiants et les sans-abri pour "nettoyer" le centre-ville. Qui mène une telle politique doit aussi soigner son image – et un gilet pare-balles est précisément l'image qu'il faut. Sauf que cette image ne correspond pas vraiment au risque qui existe réellement, la nuit, dans ces quartiers. Un gilet pare-balles arrête les projectiles, pas les lames. Si équipement de protection il doit y avoir, autant que ce soit le bon, face à la bonne menace – sinon, ce n'est plus de la politique sécuritaire, c'est du déguisement de carnaval.

Lorsque les sondages et surtout les scores de sympathie sont au plus bas, il ne reste plus qu'à se mettre en scène pour se rendre important.
▲ Lorsque les sondages et surtout les scores de sympathie sont au plus bas, il ne reste plus qu'à se mettre en scène pour se rendre important.

Sur les réseaux sociaux, on en discute évidemment. Et la mise en scène de Léon Gloden y passe aussi mal que son résultat au dernier sondage ILRES.

Au dernier Politmonitor, il s'est classé 15ᵉ sur 41 responsables politiques, avec 43 % de sympathie – malgré le bonus gouvernemental. Un score qu'aucun gilet pare-balles ne saurait compenser.

Luc Frieden a fait preuve de plus de courage en 2004. Il a patrouillé dans le quartier de la Gare sans gilet pare-balles. Il faut toutefois préciser, pour défendre Léon Gloden, que Luc Frieden était alors accompagné de davantage de policiers.

Luc Frieden en 2004, alors ministre de la Justice, se promenait au quartier Gare accompagné de policiers.
▲ Luc Frieden en 2004, alors ministre de la Justice, se promenait au quartier Gare accompagné de policiers.

Gloden aurait peut-être été plus authentique d'aller dans le quartier et de parler avec les gens, sans mise en scène – cela aurait sans doute plus servi sa cote de sympathie que tout le Kevlar du monde.

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