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Le CSV contre la nature

À Grevenmacher, il se produit un phénomène naturel spectaculaire: une forêt tellement bien «protégée» qu'il ne faudrait surtout pas la protéger davantage. 

Montage montrant à gauche la bourgmestre de Grevenmacher avec un titre de presse sur l’opposition à une zone protégée ; à droite, le ministre de l’Environnement avec une bulle de dialogue. Titre: «Protection de la nature? Non merci!»
▲ Grevenmacher s’oppose à la protection de la nature: quand une forêt est «trop» protégée.

Serge Wilmes, ministre CSV de l'Environnement, connu jusqu'ici pour sa remarquable collection d’occasions manquées, s'était dit: «Tiens, si je faisais enfin quelque chose pour la nature? Je vais classer la forêt de Grevenmacher en zone protégée.»

Mais la réponse de sa collègue de parti et bourgmestre de Grevenmacher, Monique Hermes, ne s'est pas fait attendre: «La forêt est déjà suffisamment protégée!»

Pour être absolument certain que la protection ne s'infiltre pas par la porte de derrière, le conseil communal a même engagé un avocat.

Non pas pour défendre la nature — non, non — mais pour la protéger du ministre.

Et cela dans un pays qui perd 170 hectares de forêt par an, l'un des pires chiffres proportionnels d'Europe.

Mais à Grevenmacher, on a trouvé une autre approche: «Nous protégeons notre forêt en empêchant qu’elle soit protégée.»

C’est un peu comme dire: «Pas besoin de casque, je fonce déjà tête baissée dans le mur.»

Et voilà donc la forêt de Grevenmacher, debout entre sécheresse, scolytes et stress climatique, qui se demande: «Qui est mon pire ennemi? La crise climatique? L'exploitation forestière? L'artificialisation des paysages?» Non. C'est la protection elle-même.

Au CSV, on se bat tellement pour la nature que les arbres finissent par cacher la forêt.

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