La population rêve de logements, le gouvernement de chars
Les sondages de l’Ilres n’apportent pratiquement rien de nouveau. Ils sont comme un disque qui tourne en boucle depuis plus de vingt ans : toujours la même mélodie, toujours le même grincement sur le vinyle, toujours la même ignorance. Pour l’Ilres, c’est une stabilité statistique – tout aussi importante que leur dernière grande découverte: 97% des gens appuient sur le bouton lorsqu’ils entrent dans l’ascenseur.
Selon le dernier sondage Politmonitor, 70 % des gens veulent un logement, mais le gouvernement propose des chars (🔗 Virgule partie 1 et partie 2). Le logement abordable est rare, mais il y aura bientôt de l’acier sur chenilles. Cela ne protège pas contre les loyers élevés, mais ça fait bonne figure dans les statistiques de l’OTAN. La politique de défense n’est soutenue que par 28%, un chiffre si bas qu’il disparaît presque sous le radar.


60% rejettent la réforme des retraites, mais le gouvernement la pousse comme un mauvais film qui, malgré des critiques désastreuses, finit quand même au programme du cinéma. Le mur des retraites arrive, il faut économiser. Pas pour les citoyens, mais pour des canons qui rouillent dans des hangars.
En 2002, Jean-Claude Juncker a déclaré que le logement était une affaire du chef (🔗Gouvernement luxembourgeois). Affaire du chef? Oui, mais plutôt comme une «surprise du chef» sur le menu: toujours annoncée, jamais servie. Depuis, le logement est en tête de chaque sondage. La politique n’a pas été impressionnée, qu’elle soit noire, bleue, verte ou rouge.
Résultat: 146 000 Luxembourgeois ont émigré (🔗 L'Essentiel). Les politiciens se sont réjouis: enfin plus de place pour les sociétés-boîtes aux lettres, qui n’ont besoin ni de logement ni d’opinion – et encore moins de revendications.
Les pensions sont désormais transférées à l’étranger. Le Luxembourg reste le seul pays où la pension est traitée comme un produit d’exportation (🔗 Paperjam). Et chez nous? Tout est 50% plus cher que la moyenne européenne. Ici, non seulement la vie coûte plus cher, mais l’ignorance politique est au moins 50% plus grande qu’ailleurs.
Depuis plus de 20 ans, le logement est la priorité numéro 1 des sondages, et les gouvernements veillent à ce que cela reste ainsi. On dirait presque qu’ils se sont juré: «Nous garantissons que rien ne changera. Pour toujours.»
Et puis il y a le nouveau Luc. Il a réussi à définir la popularité comme une discipline olympique en déclin: de la quatrième à la huitième, et maintenant à la douzième place. Sa réaction: «Pas de bons résultats, mais pas de surprise non plus.» C’est comme si le capitaine du Titanic avait dit: «Oui, il y a de l’eau dans le navire, mais c’était attendu.»
Si le gouvernement continue ainsi, il ne sera bientôt plus nécessaire de faire le sondage Politmonitor – les réponses sont figées depuis 20 ans:
Question 1: Logements? Réponse: Oui.
Question 2: Gouvernement? Réponse: Non.
Question 3: Chars? Réponse: Ils figurent au budget, mais pas sur la liste de souhaits.




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