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Grand nettoyage dans la forêt Grünewald

COMMENT LE MINISTRE DE L’INTÉRIEUR POURSUIT LES SANS-ABRI À COUPS DE PATROUILLES POLICIÈRES

Tandis que certains sont encore en vacances et que d'autres rêvent déjà de la Schueberfouer, le ministre de l’Intérieur Léon Gloden (CSV) est en pleine action. Il ne ramasse ni déchets ni gravats illégaux – non, il évacue des êtres humains. Des sans-abri. Le pays fait la fête, le ministre fait le ménage.

Après les avoir chassés des maisons vides, puis du centre-ville, Léon Gloden les traque désormais jusque dans le Grünewald, où quelques-uns avaient osé monter des tentes derrière le bâtiment de RTL. Un peu d’ombre, un soupçon de dignité. Et surtout, dans les bois, ils ne dérangent personne. Mais Gloden est formel: «Les sans-abri n’ont leur place ni en ville, ni dans le Grünewald!»

Après consultation avec sa complice Lydie, il envoie deux patrouilles de police avec une mission claire: nettoyage total. Les sans-abri n’avaient ni armes, ni drogues, ni lobby – juste des sacs de couchage. Mais au Luxembourg, cela suffit pour être considéré comme une menace à la sécurité. La police est arrivée, et les tentes – avec leurs occupants – ont disparu. 

La presse rapporte que la police contacterait le propriétaire du Grünewald pour l’informer de la présence des sans-abri. Le propriétaire? L’État. Le ministre de l’Intérieur Léon Gloden. Autrement dit: Gloden appelle Gloden pour demander à Gloden ce que Gloden compte faire des sans-abri dans le Grünewald. Gloden répond: «Tu as bien fait!», et raccroche.

Les mendiants et les sans-abri sont une épine dans le pied de Léon Gloden depuis toujours. En janvier déjà, lors de la phase répressive de l’interdiction de mendier, il avait envoyé la police avec des chiens bergers pour les disperser. Les images avaient suscité une vive indignation dans la population. Mais Gloden ne plie pas. Son mantra: «Law and Order». L’humanité et la charité ? Des mots poussiéreux d’un autre temps.

Son regard est tourné vers Washington, ou plutôt vers son idole: Daddy Trump. Quand Trump a annoncé le 11 août qu’il allait débarrasser Washington D.C. de ses sans-abri, il n’a fallu qu’une semaine à Gloden pour «trumpiser» à son tour.

Et maintenant, quoi? Si Trump veut déporter les sans-abri loin de Washington, Gloden envisagera-t-il de les expulser hors des frontières luxembourgeoises? Un service de navette vers la Belgique ou la France, avec Gloden au volant? Ou une nouvelle loi: toute personne sans fortune suffisante devra vivre à au moins 100 kilomètres de la capitale.

Son prédécesseur, Luc Frieden, avait lui-même accompagné une patrouille de police dans le quartier de la gare en 2004. Aujourd’hui, Luc est Premier ministre. Et Gloden? Il continue de faire le ménage.

Les mauvaises langues disent que Léon Gloden serait pressenti pour devenir le prochain Premier ministre.


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