Martine Hansen teste l’avenir
Il y a des moments politiques tellement parfaits dans leur ironie qu'on n'aurait même pas besoin de les inventer. Il suffirait de les photographier et de les accrocher au musée des incohérences. Pour Martine Hansen, ministre des Sports, de l'Agriculture, de l'Alimentation, de la Viticulture et de la Protection des consommateurs, la réponse à la crise énergétique et climatique est évidente : s’installer comme copilote dans une voiture de rallye et foncer à travers le week-end du Rallye de Hosingen.

Pendant que le pays se dispute sur le changement climatique, que les forêts se dessèchent et que l'on supplie les citoyens d'économiser l'énergie, la ministre en charge de nos terres, de notre alimentation et de notre consommation s'offre un petit tour à 6000 tours-minute dans une machine qui crache plus de CO₂ en un week-end que la forêt de Hosingen n'en absorbe en un an. Le parcours ? Le Parc naturel de l'Our, bien sûr. L'un des rares endroits du pays où la nature obtient encore un peu de tranquillité. Jusqu’au 10 juillet. Parce que rien ne sensibilise mieux à l'environnement qu'un bon bruit de pneus qui crament.

Les photos publiées ensuite sont un chef-d'œuvre : combinaison de course, casque sur la tête, sourire radieux. On ne fait plus de politique avec des argumentaires. On la fait en chevaux-vapeur et en pneus Goodyear brûlés.
Le gouvernement dit : « Économisez l'énergie. »
La ministre répond : « Mettez plein gaz. »
On appelle ça de la cohérence. Ou, comme dirait le paysan luxembourgeois : prêcher l'eau, rouler à l'essence.
Et pendant que la voiture serpente dans l'Oesling dans une odeur de gomme calcinée, on se pose la question : est-ce encore de la politique symbolique, ou déjà du cabaret d'État sur roues ? Au ministère, on murmure déjà qu'une telle machine ferait une excellente voiture de fonction. Pour moderniser la stratégie de mobilité, évidemment.
Plein gaz vers l'avenir, donc. Dans une voiture qui ne se contente pas de rater les objectifs climatiques : elle les double, les dépasse en trombe et les laisse loin derrière dans le rétroviseur.
Ben Zène



Kommentar schreiben