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L’UE dans son propre piège

Gaz +90 %, pétrole +40 %: le moment où Pierre Gramegna déploie le parachute de secours

Lorsque Pierre Gramegna a démissionné de son poste de ministre des Finances en janvier 2022, il avait expliqué au pays: «Je veux enfin passer plus de temps avec ma famille.» Ce qu’il n’avait pas précisé à sa famille, c’est qu’il parlait en réalité de la famille européenne. À peine quatre mois plus tard, Gramegna se portait en effet candidat à la direction du European Stability Mechanism.

Photomontage de Pierre Gramegna lors d’une conférence du MES, avec une bulle humoristique mentionnant la hausse du gaz, du pétrole et son pouls.
▲ Pierre Gramegna en conférence de presse du MES, illustré avec une bulle satirique sur la flambée des prix de l'énergie.

Le MES, ce parachute européen de 700 milliards d’euros, a pour mission de soutenir les pays de la zone euro en difficulté financière. En tant que directeur, Gramegna doit rassurer les marchés et les investisseurs, en donnant l'impression que l'Europe maîtrise parfaitement la situation.

Mais sa conférence de presse d'hier à Bruxelles n'a pas vraiment contribué à calmer les esprits. Dans le contexte de la guerre au Moyen‑Orient, Gramegna a dû reconnaître que les «oil prices rose by around 40%» et que le «Natural gas prices soared by almost 90%».

L'Europe s’est tirée une balle dans le pied lorsque ses dirigeants ont décidé de déclarer illégaux le gaz et le pétrole russes. La «Queen Ursula» voulait acheter du gaz et du pétrole «démocratiques» aux monarchies du Golfe, sans voir plus loin que le bout de son nez. Même le gaz de schiste américain — sale, polluant, et quatre fois plus cher que le gaz russe — lui aurait semblé parfait.

Aujourd’hui, l'UE se retrouve le doigt dans la bouche. Et voilà que le directeur du MES, Pierre Gramegna, revient en sauveur avec son parachute de secours. Mais que se passera‑t‑il si le parachute ne s'ouvre pas? L'UE glissera‑t‑elle à nouveau à genoux vers Moscou pour supplier du gaz et du pétrole russes? Ou s'est‑elle déjà habituée à la chute libre — qui sait.

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