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Boot Camp Yuriko

Grillés et drillés pour l'été

« Une soirée sympathique » — c'est ce qu'on lit sur la publication de la ministre de la Défense Yuriko Backes. Cela ressemble à une invitation à un barbecue entre amis, pas à une semaine d'entraînement militaire. Des filles et des garçons entre 15 et 20 ans passent une semaine au Härebierg pour maîtriser des « défis physiques et mentaux ». Ils apprennent à se camoufler, à lire des cartes (pas les cartes ésotériques de voyance, mais les cartes géographiques), à dormir dehors, à se rouler dans la boue — tout cela s'appelle alors des « Boot Camp Vibes ». On dirait un camp scout aventureux, à ceci près qu'un officier y hurle « Allez ! Allez ! ».

Photomontage satirique montrant la ministre Yuriko Backes en robe d'été verte parlant à des ados en treillis militaire, avec une bulle de dialogue ironique et le général Steve Thull à l'écart.
▲ « Alors, vous les captez, les Boot Camp Vibes ? » Quand la communication politique tente de transformer le drill militaire en stage de vacances pour ados sous l'œil figé du général Thull.

Sur Facebook, la ministre appelle cela « travail d'équipe, exercices, activités en plein air » — bref, tout ce qu'on apprend déjà en classe précoce, les hurlements en plus. Et pour être raccord avec les « vibes », elle se présente dans une robe d'été en coton rayée vert et blanc, au milieu des adolescents en treillis camouflage. Un camouflage qui ne fonctionnerait que dans une épicerie bio — ou à un marché aux herbes aromatiques. Mais c'est justement ainsi qu'elle obtient l'effet inverse : elle se démarque comme une influenceuse qui se serait trompée d'atelier. C'est bien tout le sens de l'exercice.

Comme d'habitude, le photographe du gouvernement est du voyage. La ministre est mitraillée sous tous les angles : ici riant à la table de pique-nique, là écoutant attentivement les jeunes filles, là tout sourire aux côtés du général. Une séance photo politique en robe d'été verte. Pas si différente, au fond, de ce que s'est offert le ministre de l'Intérieur Léon Gloden avec son gilet pare-balles dans le quartier de la Gare — sauf que le coup de Léon était parti complètement de travers, et le pays se demande encore aujourd'hui s'il ne devrait pas, la prochaine fois, enfiler un gilet pare-ridicule.

« Merci pour ces échanges intéressants sur vos motivations, vos expériences et vos projets futurs », écrit Backes dans sa publication. Des projets futurs… comme s'il s'agissait de la Foire de l'Étudiant. Au Boot Camp, il s'agit plutôt de savoir ouvrir une boîte de conserve avec les dents. Comme si l'on y débattait de s'orienter vers la psychologie ou le marketing après le bac. Le gamin qui, à 15 ans, discute de ses « projets futurs » avec la ministre de la Défense ne pense ni à une licence ni à un diplôme universitaire ni à une orientation professionnelle. Elle le sait très bien. C'est pourquoi elle l'écrit ainsi, en passant, pour donner l'impression que se faire driller, obéir et être dressé relèveraient d’un simple stage d'observation en banque.

À ses côtés sur la photo se tient le général Steve Thull, chef d'État-Major de l'Armée. Un pur militaire, qui partira enfin à une retraite bien méritée le 1er octobre. Ensemble, ils regardent fièrement l'objectif. De mauvaises langues prétendent qu'il garderait son uniforme même la nuit, au lit.

▲ Post de la ministre de la Défense Yuriko Backes du 24 juillet 2026 sur Facebook.
▲ Post de la ministre de la Défense Yuriko Backes du 24 juillet 2026 sur Facebook.

Ce que la même photo révèle aussi : à peine une douzaine d'adolescents pour tout le camp. Et ce, malgré une vaste campagne publicitaire de l'Armée pour attirer du sang neuf. L'affluence reste plus que famélique. Le pays a pourtant un besoin urgent de nouvelles recrues — ou plus exactement, de chair à canon — pour ces missions de l'OTAN, officiellement toujours qualifiées de « missions de formation et de conseil », mais où, curieusement, des balles finissent toujours par voler. Mais les jeunes n'ont tout simplement pas envie d'armée, de caserne ni de guerre. Ni de Boot Camp avec une gourde en fer-blanc à la main, peu importe le nombre de « vibes » que la ministre promet et publie sur Facebook.

La ligne rouge se situe au niveau des armes nucléaires, a-t-elle dit un jour. Pour le reste, elle semble ne pas exister — pas même pour l'âge de ceux avec qui elle discute de « projets futurs ».

La jeunesse n'a pas envie de Boot Camp. Et on la comprend très bien : si l'on doit déjà se rouler dans la boue pendant une semaine, autant le faire sans ministre pour le publier sur Facebook.


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Kommentare: 1
  • #1

    Clemens Marie-Rose (Samstag, 25 Juli 2026 07:42)

    Déi ganz Verherrlechung vum Botterweck asw… Waffe produzéieren hei am Land… a mat volle Griffelen d’Geld mat Milliarde Beträg zur Fënster eraus geheien… Pub fir Krichsdreiwerei… dat kazzt mech just nach unn!